Un raisonnement erroné
"Les antibiotiques tuent les bactéries. Et il y a plus d'antibiotiques que jamais. Les bactéries n'ont donc plus la moindre chance." Un raisonnement logique, non ? Il est pourtant totalement faux. Les antibiotiques ont de plus en plus de difficultés à vaincre certaines bactéries.

Ennemis de plus en plus résistants.
Exagérer n'est jamais une bonne chose. Mais c'estt pourtant ce que nous faisons depuis un bout de temps. En ayant trop souvent recours aux antibiotiques pour soigner les plus insignifiants malaises. A la plus grande joie des pneumocoques et autres bactéries qui ont ainsi tout loisir de développer leur propre protection contre les antibiotiques. Cette petite carte montre le pourcentage de pneumocoques résistants (I+R) aux antibiotiques en Europe occidentale. Au plus sombre apparaît un pays, au pire y est la situation. La Belgique ne semble pas vraiment privilègièe : seules l'Espagne et la France font moins bien. Nos destinations de vacances préférées, pourtant...
Réf. EARSS Newsletter n° 5, February 2003

Ref. : Verhaegen J. Surveillance des infections à pneumocoques en Belgique.
Rapport 2002
La métamorphose
Le pneumocoque a un instinct de survie très développé. Traqué par les antibiotiques, il est parvenu à modifier son propre patrimoine génétique. Voilà pourquoi il est devenu insensible à toute une série d'antibiotiques. Une mauvaise nouvelle pour ceux qui leur font aveuglément confiance. Le graphique montre à quel point une part de plus en plus significative de pneumocoques résiste aux antibiotiques depuis 1986.
Divulgation de secrets professionnels
Et ça va même encore plus loin... puisque le pneumocoque partage ses trucs et astuces avec d'autres bactéries. Et inversement. Une véritable association de malfaiteurs qui permet à ces bactéries d'échapper de plus en plus souvent aux effets des antibiotiques.
Que faire ?
Seule chose à faire pour stopper le pneumocoque résistant ? Utilisons moins d'antibiotiques. Mieux encore : prévenons l'infection pour ne pas devoir recourir à eux. Et empêcher le pneumocoque de nous infecter passe par la vaccination. Une bonne affaire pour votre enfant, pour vous et pour tous ceux qui sont en contact avec votre petit bout.